Les mycoplasmes
PH. JUDLIN (1998)



    Connues dans l'espèce humaine depuis 1937, une dizaine d'espèces de ces protistes (êtres unicellulaires), procaryotes (absence de membranenucléaire) sont isolées chez l'homme dont quatre sont potentiellementpathogènes: Mycoplasma pneumonine, M. hominis, M. genitalium etUreoplasma urealyticum.

Épidémiologie actuelle

    Ces mycoplasmes sont des commensaux opportunistes des voies génitales basses. La colonisation varie avec l'âge, le sexe (surtout la femme)la race, le niveau socio-économique et l'activité sexuelle. La contagiosité par voie sexuelle a été largement démontrée: il existe une incidence plus élevée que la moyenne chez les partenaires de sujets infestés. U. ureulyticum est 2ou 3 fois plus fréquent que M. hominis [40].
    Bien que commensaux, ils peuvent devenir pathogènes et donner des manifestations cliniques quand ils prolifèrent en abondance (concentration >10000 Unités Changeant Couleur/ml) et surtout quand ils sont associés à d'autres pathogènes génitaux (C. trachomatis, gonocoque,  vaginalis, vaginose bactérienne...) [41].


Mycoplasmes et reprodaction

    De nombreuses observations tentent à démontrer que la présence de mycoplasmes dans l'appareil génital de l'homme ou la femme altère lafécondité du couple [42]. Cette hypofécondité est d'autre part corrigée après traitement par tétracyclines [43]. Cependant, nous manquons d'études précisant les mécanismes en cause. La recherche et le traitement systématiques des mycoplasmes sont préconisés par certaines équipes lors des procédures d'aide médicale à la procréation [44].


Particularités cliniques

    Quand elle est symptomatique, I'infection à mycoplasmes peut prendre différents aspects:
        Les urétrites: surtout dues à U. ureulyticam, elles représentent 15 à 20% des urétrites non gonococciques. Elles sont habituellement subaiguës.Chez l'homme, elles peuvent être le point de départ de prostatites, épididymites.
        Des vaginites (où les mycoplasmes sont souvent associés à des anaérobies ou une VB) et des cervicites sont également possibles, qui peuvent constituer le point de départ d'IGH.
        Les bartholinites à mycoplasmes sont rares mais non exceptionnelles[45].


Moyens du diagnostic

    Les cultures cellulaires, après avoir effectué un prélèvement abrasif, sont la technique habituelle, qui permettra notamment de différencier U.ureulyticum de M. hominis. Récemment, la technique PCR a été proposée,qui semble aussi intéressante que pour C. trachomatis.


Principes thérapeutiques

    Un traitement est nécessaire à chaque fois que le mycoplasme est responsable de manifestations cliniques ou qu'il est associé à d'autrespathogènes. Macrolides à 16 carbones (type josamycine), cyclines de 2eme génération (type doxycycline) et pristinamycine peuvent être utilisés chez la patiente et son (ses) partenaire(s) [46] . À défaut d' indication précise dans lalittérature, nous proposons une durée de traitement de 7 à 10 jours.