Congélation des gamètes et des embryons (faq)


Quel est l'intérêt de la congélation du sperme ?


On procède à une congélation du sperme essentiellement dans 5 types de circonstances:
-
pour préserver le sperme d'hommes encore féconds qui vont subir un traitement anti-tumoral (chimiothérapie ou radiothérapie) qui risque de les rendre stériles ;
    - pour préserver le sperme d'hommes féconds candidats à une vasectomie (ligature des canaux déférents), pour le cas où ils viendraient à le regretter (changement de situation) ; cette stérilisation volontaire n'est d'ailleurs pratiquée qu'à cette condition ;
    - pour pouvoir pratiquer une fécondation in vitro +/- ICSI (ou une insémination artificielle) en l'absence, impérative, du conjoint ;
    - après ponction du testicule ou du tractus génital, pour éviter de nouvelles ponctions ;
     - pour constituer une «banque» de spermes provenant de donneurs volontaires.

Il va de soi que les spermatozoïdes congelés peuvent être utilisés aussi bien en insémination artificielle qu'en fécondation invitro +/- ICSI.

Quels sont les résultats obtenus après congélation décongélation du sperme ?

Après congélation-décongélation du sperme, on ne retrouve pas le même pourcentage de spermatozoïdes mobiles que dans
le sperme initial ; il y a une perte de 20 à 50 %, d'autant plus importante que le sperme initial est de mauvaise qualité (ce qui rend en pratique incongelables les très mauvais spermes).
Cependant, si le taux de fécondation est légèrement diminué, le taux de nidation
obtenu avec du sperme congelé est le même qu'avec le sperme initial.
Le sperme peut être conservé par le froid
théoriquement indéfiniment et la durée de conservation est sans effet sur le taux de
récupération ; il y a déjà un recul de plusieurs dizaines d'années.

La congélation cause-t-elle des anomalies des spermatozoïdes ?
Non. Les embryons obtenus après fécondation par du sperme congelé sont identiques à ceux obtenus avec du sperme frais ; et les enfants nés ne portent pas plus d'anomalies congénitales (chromosomiques ou non).

La congélation du sperme pose-t-elle des problèmes éthiques ou juridiques ?
Dans le 5ème cas (banque de spermes de
donneurs), la congélation ne pose pas de problèmes particuliers, elle résout au contraire les problèmes inhérents au don de spermatozoides. Dans les quatre autres (auto-conservation), le principal problème rencontré est celui du décès prématuré du propriétaire du sperme ; il est a priori entendu que ce sperme doit alors être détruit, car il ne peut être utilisé que par lui. La congélation du sperme est très couramment pratiquée.

Quel est l'intérêt de la congélation des ovocytes ?
Elle devrait permettre de
    - préserver les ovocytes de femmes qui vont subir une ablation des ovaires ou un traitement anti-tumoral susceptible de les rendre stériles ;
    - fractionner les lots importants d'ovocytes
pour réaliser des fécondations différées, ceci dans le but d'éviter d'obtenir trop d'embryons simultanément ;
  
- de constituer une «banque» d' ovocytes provenant de donneuses volontaires.
Les ovocytes ne peuvent bien sûr être
fécondés qu'in vitro.

Quels sont les résultats obtenus après congélation-décongélation des ovocytes ?

Il
s sont très médiocres. Avec les techniques actuelles, beaucoup d'ovocytes (au moins 1/3) ne retrouveront pas leur aspect initial ; et ceux qui apparemment restent indemnes sont peu fécondables, avec un taux de fécondation de 25 %, contre 50 % pour les ovocytes frais. En outre, les embryons obtenus se nident
moins souvent.

La congélation cause-t-elle des anomalies des ovocytes ?
Oui. Avec les techniques actuelles, elle
provoque des anomalies du nombre de chromosomes ; et, en plus, les ceufs obtenus après fécondation sont plus souvent   polyspermiques (fécondés par plusieurs spermatozdes). Au total, le taux d'anomalies chromosomiques est relativement élevé.

La congélation des ovocytes pose-t-elle des problèmes éthiques ou juridiques ?
Ou
i. Cette technique n'est pas acceptable pour l'instant, du fait de son faible rendement et surtout du fait du risque élevé d'anomalies chromosomiques. Si elle devenait, elle poserait les mêmes problèmes que la congélation du sperme (décès prématuré).
Aussi, elle n'est pas pratiquée dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation.

Quel est l'intérêt de la congélation des embryons ?
Il est double
  
- elle permet de préserver les embryons dits «surnuméraires» qui n'ont pas été transférés lors de la tentative en cours:
   -
elle est un substitut à la congélation d'ovocytes pour les femmes qui vont subir un traitement stérilisant, ou dans le cadre du don d'ovocytes. Puisqu'on ne peut pas congeler les ovocytes, on peut les féconder (avec le sperme du conjoint dans le cas d'auto-conservation, ou avec le sperme du conjoint de la receveuse dans le cas du don d'ovocytes) et congeler les embryons obtenus en vue d'un transfert ultérieur.

Quels sont les résultats obtenus après congélation-décongélotion des embryons ?
En pratique, les 2/3 seulement des embryons congelés après 2 jours de culture retrouvent leur aspect morphologique inital et en outre leur taux de nidation est 3 fois plus faible que celui des embryons frais. Le taux de grossesses par transfert d'embryons congelés est donc d'environ 6 à 8%.
Ces résultats médiocres s'expliquent en partie par les effets néfastes de la congélation, mais aussi par le fait que l'on transfère d'abord, lors de la tentative de FIV +/- ICSI, les embryons jugés les plus viables et que ce sont donc les moins viables qui sont congelés. Les résultats sont toutefois bien meilleurs si l'on sélectionne les embryons à congeler par la culture prolongée : lis sont plus souvent viables et la congélation-décongélation a moins d'effets néfastes à cause du nombre de leurs cellules. Cependant, la culture prolongée diminue le nombre d'embryons disponibles pour la congélation.
La durée de la conservation par le froid peut techniquement être très longue, sans doute infinie, et n'influe pas sur le taux de récupération.
Le transfert d'embryons congelés peut se faire sur un cycle spontané, si celui-ci est normal.


La congélation cause-t-elle des anomalies des embryons ?
La preuve est faite chez l'animal que la congélation n'entraîne pas d'anomalies des embryons. Dans l'espèce humaine, il n'y a pas assez de recul pour confirmer cette observation : mais les enfants nés après congélation ne portent pas plus d'anomalies que les autres.

La congélation des embryons pose-t-elle des problèmes éthiques ou juridiques ?
Oui, dans le cas où les embryons congelés sont abandonnés ou deviennent orphelins.
Les embryons surnuméraires congelés sont transférés dans les mois qui suivent la tentative s'il n'y a pas eu de grossesse après le transfert d'embryons frais ; ils sont donc très rarement abandonnés ou orphelins.
S'il y a grossesse, les embryons surnuméraires congelés sont destinés à être transférés dans un délai de 2 à 3 ans après l'issue de cette grossesse. C'est au cours de ce délai que certains d'entres eux peuvent être abandonnés par le couple qui ne désire pas une autre grossesse ou qui se sépare. La loi prévoit pour l'instant (car elle est révisable), s'ils sont abandonnés, qu'ils puissent être détruits (au bout d'un délai maximum de 5 ans), ou utilisés pour la recherche, avec l'accord de leurs géniteurs et de la Commission Nationale de Médecine et de Biologie de la Reproduction et du Diagnostic Prénatal, ou encore donnés à un autre couple, toujours avec l'accord des géniteurs. D'autres peuvent être «orphelins» par suite du décès de la conjointe ou des deux membres du couple ; la loi prévoit pour l'instant qu'ils doivent alors être donnés plutôt que détruits.
Au total, ces embryons non réclamés sont peu nombreux, 1 à 5 % des embryons congelés. Mais sans la congélation, il y aurait encore plus d'embryons abandonnés : tous les embryons surnuméraires.

La congélation du sperme est assez largement pratiquée ; elle donne des résultats à peu près identiques à ceux obtenus avec du sperme frais ; elle ne cause pas d'anomalies.
La congélation des ovocytes n'est pas pratiquée car elle donne de mauvais résultats et elle entraîne des anomalies chromosomiques.
La congélation des embryons est largement pratiquée elle donne des résultats assez médiocres ; elle n'entraîne pas d'anomalies
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